Die schöne Müllerin (La Belle meunière)

musique Martin Moulin d’après Franz Schubert


  • Lundi 18 avril 2016 20:00
  • Mardi 19 avril 2016 20:00
  • Entrée 5 euros - réservation conseillée 02 43 24 93 60 - reservation[at]lafonderie.fr

    Il y a entre le monde et moi une dissonance.
    Sénancour, Oberwald

    avec
    Laure Balteaux violoncelle
    Samuel Boré piano
    Stéphane Charlot saxophones
    Jean-Christophe Garnier percussions
    Eric Le Chartier trombone, sacqueboute
    Anne Magouët voix
    Olivier Mingam violon
    Martin Moulin direction et composition
    Nicolas Nageotte clarinettes
    Poline Renou voix

    Que veut dire revenir à la Belle meunière, musique que l’on connaît déjà par cœur, maintes fois écoutée ? C’est une des questions que nous nous sommes posées avec la troupe de musiciens du projet. À partir de propositions plus ou moins précisées que je pouvais apporter, nous avons tenté de mêler, le plus spontanément possible, nos envies – en se souvenant de la joie collective qui pouvait être celle de Schubert et de ses amis lors de ces soirées musicales (schubertiades) pendant lesquelles s’inventaient de petites formes poético-musicales.

    La duplicité, le caractère ambigu est une des marques magnifiques de Schubert – jamais nous ne saurons si La Belle meunière finit bien, ou non. Et c’est dans cette ambiguïté fondamentale que nous aimerions livrer cette extension, ces passages empreints de Schubert. Car chez lui une joie rustaude, un enthousiasme digne des tavernes de Grinzing peut laisser place à la béance la plus amère – jamais on ne tient quelque chose. C’est le règne de l’oxymore : Schubert sait faire rayonner la tristesse et blêmir la joie.

    Avec tous les moyens qui étaient les nôtres – modes de jeux instrumentaux, acquis de langages contemporains, extensions de pratique pour chacun des musiciens : tous chantant, parlant, jouant diverses jazzo-flûtes, harmonicas, en plus de leur instrument de prédilection – nous nous sommes mis à la recherche d’une extension de ces contrastes déjà accusés dans l’original. Et nous avons voulu tout essayer : superpositions dignes des Europeras de John Cage (densité maximale) ou au contraire effacement jusqu’au fil le plus ténu. Orchestrations très travaillées, jouant des timbres, des alliages ; ou à l’inverse brutalité extravertie venant renforcer la fougue populaire que contient aussi Schubert – qui n’a rien oublié de son temps, rien rejeté de son époque.

    Une première version de la Belle meunière (musique de scène) a été réalisée en coproduction avec les Quinconces-l’ESPAL.






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