La tempête de William Shakespeare

« Encore heureux… »


  • Jeudi 11 avril 2013 18:30
  • Samedi 13 avril 2013 16:00
  • Traduction André Markowicz

    Collectif des Envolées (Association Croix marine-Le Ginkgo, Hôpital de Jour Psychiatrie Aulnay-sous-Bois, GEM Les Envolées)

    mise en scène Tristan Varlot, Guy Lamacq

    avec Antje, Auguste, Baki, Bénédicte, Caroline, Catherine, Daniel, Daniel, Didier, Frédéric, Guy, Jane, Jean-Baptiste, Khaled, Marianne, Michelle, Olivier, Recsmei, Stéphanie, Tariq, Tristan...

    Ici on nous comprend, mais ailleurs même sous les pierres, on ne nous écoute pas.
    ...nous sommes de l’étoffe
    Dont les rêves sont faits, et notre vie
    Infime est entourée par un sommeil

    [/La tempête, Acte 4, scène 1/]

    La lutte des classes est devenue le théâtre de la répartition et de la consommation des sucettes.

    [/François Tosquelles/]

    Montée en 2012 et jouée 4 fois à l’Hôpital général Robert Ballanger où elle a été créée, cette Tempête voyage pour la première fois jusqu’au Mans, sortant d’un secteur de psychiatrie publique du 93. Un département sinistré sur le plan sanitaire où un collectif soignant-soigné, inspiré par le mouvement de la psychothérapie institutionnelle, continue à travailler, inventer et chercher.
    « La tempête, c’est un petit bout de vie, quelque part, de cette époque-là. 1611. Un témoignage, même si c’est un petit peu, pas enjôlé, mais un petit peu... C’était destiné à un mariage, à quelque chose de royal. Shakespeare, enfin ceux qui ont écrit ça, ce texte, ont dû faire preuve de diplomatie, enfin, certainement, comme nous du temps des rois avec les fous, ont dû les titiller sur des sujets, soulever des problèmes. Puis de toute façon la royauté ou la démocratie, c’est toujours une histoire de pouvoir.[...] Shakespeare, il interroge tout et il a raison, il faut un coup de pied dans la fourmilière, comme on dit, bah oui ! »
    « Ce moment d’oubli de soi, je dirai terminé les soucis, les problèmes, je suis avec les autres, je suis dans la vie pratiquement, dans l’instant, dans l’émotion et ça c’est jouissif, ça c’est waouh ! Peut être que je rêve de cet état-là, que je vis pas tout le temps. C’est vrai que le quotidien il n’aide pas, il n’aide pas, il n’aide pas à vivre ça. Et là, c’est un moment unique effectivement, la représentation. Et surtout quand on parle cette langue-là, et de montrer qu’on en est capable, parce que c’est vrai que c’est la psychiatrie qui accouche de ça. Donc je me dis, peut être, avec un esprit un petit peu pervers, que les autres y vont venir, ils savent qu’on est en psychiatrie et peut être ils vont s’apercevoir, ouais, de la bizarrerie. Mais je crois que c’est ça, c’est la somme de... des bizarres que nous sommes, qui fait que justement, c’est intéressant, une force. Que tu sois bizarre, que je suis bizarre avec mes difficultés, ma folie, ton délire, c’est toute cette somme qui est en train de se faire, là, sur place, sur scène, à cet instant, et qui fait que ça marche. »
    « L’union fait la force : c’est aussi les autres qui m’ont porté et accompagné dans mon rôle. Je me verrai pas tout seul. C’est grâce aux autres, que j’ai pu faire ce rôle là. L’énergie communicative. Unique non ! »

    [/Extraits d’une discussion enregistrée le 24 janvier 2013 avec le Collectif des Envolées à l’hôpital de jour d’Aulnay-sous-Bois. /]






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