Travail et utopie

Une journée de partage des savoirs et expériences sur les techniques et dispositifs de décision collectives


  • Samedi 1er décembre
  • - entrée libre - réservation obligatoire
    - repas à 10euros sur réservation également
    reservation lafonderie.fr 02 43 24 93 60

    « Pour entretenir de l’herbe dans le désert, il faut être d’une vigilance inhumaine ! C’est pour ça qu’il faut être plusieurs - non pas des surhommes, mais plusieurs à ne pas trop déconner, à ne pas avoir trop d’illusions idéologiques et se prendre pour je ne sais quoi. *1 » Jean Oury

    Cette journée aura pour toile de fond quelques siècles de « luttes et de rêves *2 » au cours desquels des gens ont expérimenté d’autres manières de travailler -d’être- ensemble dans des modes de coopérations multiples et infinis, en éprouvant, au quotidien, des liens d’égalité et d’horizontalité. Anne Flottes décrit ainsi des tentatives « précaires et imparfaites, des situations où les exigences vitales de solidarité rencontrent les manques et les désirs subjectifs d’existence sociale. *3 »
    Des lieux de soin, des bars, des écoles, des fermes, des journaux, des ateliers, des espaces tissés dans et par la vie quotidienne cherchent, doutent, pensent, construisent et produisent autrement, avec de l’autre, du temps, du vide. À des années lumières, donc, d’un monde de « nécropoles » ne proposant que « le stade du mouroir *4 » comme unique horizon, ces tentatives, innombrables et hétérogènes, font manger le sable aux zombies de l’ordre établi.

    1 Jean Oury, La décision, Séminaires 1985-1986 (La Borde-Ste Anne), Paris, Editions d’une, 2018
    2 Michelle Zancarini-Fournel, Les luttes et les rêves, Une histoire populaire de la France de 1685 à nos jours, Zones/La Découverte, 2016
    3 Anne Flottes, Travail et Utopie, Réinventer des coopérations subversives, Paris, Editions d’une, 2017, p.9
    4 Hélène Chaigneau et Jean Oury, Hiérarchie et sous-jacence (1991-1992), Collection Boîte à outils, 2014, p.72

    Avec comme points de départ -de désir- au sein de ces tentatives et expériences, des préalables tels que la solidarité, le collectif, l’autogestion, l’égalité salariale, nous poserons la question des décisions collectives. Comment se prennent-elles ? S’il existe souvent un lieu de décision (réunions, conseil coopératif...), par quoi cheminent-elles ? Par où s’échappent-elles ? Quelles places, quelles circulations (de parole, d’affect, d’argent), quel jeu et quelles articulations existent entre elles (quel espace, quel temps, quel liens). Qu’est-ce que cela produit et qu’est- ce que cela transforme ? Et surtout, qu’est ce qui ne marche pas ? Quelles impasses, ratés, difficultés et autres complexités surgissent ? Au fond, que se passe-t-il en creux lorsque l’on pense décider ensemble ?
    À partir du livre de Anne Flottes, Travail et Utopie et du séminaire de Jean Oury, La décision (1985-1986), nous tenterons de mettre en discussion ces différentes strates et ces « faisceaux de décisions » avec des salarié.e.s de collectifs de travail qui ont inventé et développé des savoir-faire décisionnels horizontaux. En présence de représentants de la menuiserie Ambiance bois, des restaurants lyonnais Le court-circuit et Le Bieristan, de la revue Jef Klak... ainsi que de Sophie Legrain, éditrice aux Editions d’une, et Olivier Apprill, psychanalyste, nous appuyant sur l’analyse sociologique du « travail vivant » de Thomas Coutrot, économiste, auteur de Libérer le travail.

    « Les constructions pacifiques et ingénieuses, qui nourrissent les coopérations dans la vie quotidienne sont bien plus redoutables pour l’ordre établi que les déclarations enflammées. »Anne Flottes, Travail et Utopie, p.42

    9h
    Accueil Entrée parking rue Saint pavin des Champs

    9h30
    Présentation des ouvrages et discussion :
    Travail et utopie, réinventer des coopérations subversives d’Anne Flottes
    La Décision, séminaire de Jean Oury 1985-1986
    Libérer le travail de Thomas Coutrot,
    par Thomas Coutrot, Olivier Apprill, Lise Gaignard, Aurore Le Nail

    13h
    Repas 10 euros inscription obligatoire reservation lafonderie.fr 02 43 24 93 60

    14h30-18h
    Présentation des collectifs et échanges sur les savoirs-faire décisionnels horizontaux
    avec Ambiance Bois , Jef Klak , Le court-circuit, Le Bieristan

    PDF - 238.9 ko

    La Fonderie reçoit le soutien de l’État, Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) des Pays de La Loire, de La Ville du Mans, du Conseil Régional des Pays de La Loire et du Conseil Départemental de La Sarthe. Croquis©FrançoisTanguy






    Réservez en ligne